Les géants de l'IA refusent de ralentir et proposent de se surveiller eux-mêmes
Quatre jours après l'appel de Dario Amodei (Anthropic) à « caler l'allure de la frontière », c'est-à-dire freiner les modèles les plus puissants au nom de la sécurité, la filière se referme sur une réponse commune : pas de coup de frein, une autorégulation.
Mark Zuckerberg, dont Meta investit jusqu'à 145 milliards de dollars cette année dans ses infrastructures, rejette le ralentissement et mise sur des évaluateurs indépendants pour juger la sûreté des modèles. Jensen Huang, patron de Nvidia, va plus loin : « nous n'avons pas besoin de régulation », la sécurité se réglant selon lui produit par produit.
Sam Altman se dit « confiant » dans la capacité de l'industrie à se contrôler seule, et OpenAI, Anthropic et Google DeepMind confirment discuter depuis des semaines d'un organe commun de supervision.
À Washington, la ligne politique se brouille : le sénateur de gauche Bernie Sanders et l'animateur national-populiste Steve Bannon ont plaidé côte à côte pour encadrer l'IA, sans s'accorder sur les moyens, pendant qu'un ancien chercheur de Google DeepMind ajoutait sa voix aux alertes sur un risque existentiel.

