Le rapport contient deux entonnoirs. Le débat public n'en cite qu'un.
L'affirmation selon laquelle 95 % des projets d'IA échoueraient provient d'un rapport publié en juillet 2025 par le projet NANDA du MIT. Le document indique que 95 % des organisations interrogées n'ont pas mesuré de retour sur leur compte de résultat, ce qui n'est pas la même chose qu'un taux d'échec de pilotes. Ses propres données, page 6, décrivent deux parcours très différents.
| Type d'outil | Étudié | Piloté | Déployé | Réussite des pilotes |
|---|---|---|---|---|
| Outils généralistes ChatGPT, Copilot, Claude, Gemini | 80 % | 50 % | 40 % | 80 % aboutissent |
| Développements sur mesure outils internes et solutions éditeurs | 60 % | 20 % | 5 % | 25 % aboutissent |
Quarante déploiements pour cinquante pilotes font 80 % de réussite. Cinq pour vingt en font 25 %, et non 5 %. Le rapport écrit d'ailleurs que les assistants généralistes présentent un taux de passage du pilote à la production d'environ 83 %. Le « 95 % » décrit la seconde ligne, jamais la première, et jamais l'IA en général.
Source : MIT NANDA, The GenAI Divide: State of AI in Business 2025, juillet 2025. Document préliminaire, non relu par les pairs, fondé sur 300 initiatives publiques, 52 organisations interrogées et 153 réponses de dirigeants.
IA et productivité : les gains sont établis, et mal datés
Quatre essais contrôlés randomisés, publiés dans des revues à comité de lecture, mesurent l'effet de l'IA générative sur la productivité en entreprise. Ils convergent : le gain de productivité est réel, plus fort sur les profils juniors et sur les tâches standardisées. Quatre expériences de terrain, menées ensuite dans le travail ordinaire de grandes entreprises, confirment le gain unitaire et mesurent ce qui bouge autour de lui.
| Métier étudié | Mesuré sur | Effet mesuré | Ce que l'étude nuance |
|---|---|---|---|
Support client Quarterly Journal of Economics, 2025 | Assistant bâti sur GPT-3 automne 2020 à hiver 2021 · 5 172 agents | +15 % de tickets résolus par heure | Les moins expérimentés progressent en vitesse et en qualité. Les plus expérimentés gagnent peu en vitesse et perdent légèrement en qualité. |
Rédaction professionnelle Science, 2023 | ChatGPT, GPT-3.5 début 2023 · 453 cadres | −40 % de temps, +18 % de qualité | Tâches d'écriture courtes et isolées. Les écarts entre les plus performants et les autres se resserrent. |
Conseil Organization Science, 2026 | GPT-4, sans outils avril 2023 · 758 consultants | +12,2 % de tâches, +25,1 % de vitesse | Sur une tâche située hors du périmètre du modèle, 19 % de bonnes réponses en moins que le groupe travaillant sans IA. |
Développement logiciel Management Science, 2026 | GitHub Copilot septembre 2022 à fin 2023 · 4 867 développeurs | +26 % de tâches livrées | Trois expérimentations en entreprise, de deux à huit mois. Gains plus élevés chez les moins expérimentés. Dans l'une des trois entreprises, le taux de réussite des compilations recule de 17 %. |
Les chiffres affichés sont ceux des versions publiées, qui diffèrent parfois des prépublications largement reprises. Les dates indiquées sont celles de la collecte des données, pas de la parution.
Ce que les grandes expériences en entreprise ajoutent
Les quatre essais ci-dessus mesurent une tâche isolée. Une seconde génération d'études a placé l'outil dans le travail ordinaire de dizaines d'entreprises, pendant des mois, sur des modèles de 2023 et 2024. Le gain unitaire se confirme. Il se confirme aussi que rien ne bouge autour de lui : le temps d'e-mail baisse, le temps de réunion et le volume de documents produits ne changent pas.
| Terrain | Mesuré sur | Effet mesuré | Ce que l'étude nuance |
|---|---|---|---|
66 grandes entreprises, 7 137 salariés Microsoft et Harvard · NBER 2025, à paraître dans American Economic Review: Insights | Microsoft 365 Copilot septembre 2023 à octobre 2024 · six mois par entreprise | 2 h d'e-mail en moins par semaine chez les utilisateurs | Aucun effet mesurable sur le temps de réunion ni sur les documents produits. L'usage hebdomadaire se stabilise sous 40 % des salariés équipés, et l'entreprise d'appartenance explique deux fois plus l'usage que le profil individuel. |
Procter & Gamble, 776 professionnels R&D et commerciaux Organization Science, 2026 | GPT-4, puis GPT-4o mai à juillet 2024 · défis d'innovation de l'entreprise | Qualité +0,37 écart-type, temps −16 % | Un individu équipé atteint le niveau d'une équipe de deux sans IA. Les équipes équipées ont trois fois plus de chances de produire une solution du premier décile. Une heure de formation au prompting, atelier d'une journée. |
Ant Group, 1 219 programmeurs Banque des règlements internationaux, 2024 | CodeFuse, assistant de code interne septembre à novembre 2023 · douze semaines | +55 % de lignes de code, +67 % chez les juniors | Effet non significatif chez les développeurs expérimentés, qui sollicitent l'outil 70 % moins souvent. La qualité du code n'est pas mesurée. Groupes définis par département puis appariés, sans tirage au sort individuel. |
Google, 96 ingénieurs Prépublication Google Research, 2024 | Complétion et génération de code de l'environnement interne juin à juillet 2024 · une tâche C++ de production | Environ 21 % plus rapides | Intervalle de confiance large, reconnu par les auteurs. Tâche bornée à trois heures, outils évalués par l'équipe qui les fabrique. |
Les deux premières expériences sont randomisées au niveau individuel ou par équipe. Celle d'Ant Group compare des départements appariés. Celle de Google porte sur une tâche unique. Les quatre mesurent des minutes gagnées au poste de travail, aucune ne mesure un effet sur le compte de résultat.
Une étude qui s'est corrigée elle-même
En juillet 2025, l'organisation METR mesurait 16 développeurs expérimentés 19 % plus lents avec l'IA sur leurs propres dépôts, alors qu'ils s'estimaient 20 % plus rapides. En février 2026, les mêmes auteurs ont publié une mise à jour : les nouveaux intervalles de confiance franchissent zéro, un biais de sélection de 30 à 50 % a été identifié, et ils concluent que les développeurs sont probablement accélérés aujourd'hui. Ils ont abandonné le protocole.
Ce que l'obsolescence démontre
Entre ces mesures et aujourd'hui, les modèles ont changé plusieurs fois de génération. La part d'entreprises attribuant un effet significatif à leur résultat d'exploitation est restée à 6 % d'une année sur l'autre. Si la capacité du modèle était le facteur limitant, ce chiffre aurait bougé. Il n'a pas bougé, et c'est la meilleure preuve que le goulot est organisationnel.
Quatre chiffres à ne plus citer
Ils circulent dans les présentations sur le ROI de l'IA. Aucun ne résiste à la lecture de sa source.
Prépublication d'un doctorant du MIT, décembre 2024, 1 018 scientifiques. Le 16 mai 2025, le MIT a déclaré n'avoir aucune confiance dans la provenance, la fiabilité ou la validité des données. L'article a été retiré d'arXiv le 20 mai 2025.
Absent de l'article de la Harvard Business Review auquel il est attribué. Les 37 % désignent la part des destinataires qui jugent l'émetteur d'un livrable creux moins intelligent.
Chiffre du working paper de 2023. La version publiée au Quarterly Journal of Economics en 2025 retient +15 % en moyenne, avec un effet concentré sur les moins expérimentés. Citer la version publiée.
Attribué à l'AI Index de Stanford, introuvable sur la page primaire du rapport. Le chapitre Économie 2026 donne 88 % d'organisations utilisatrices et 70 % ayant déployé l'IA générative dans au moins une fonction.
Cinq étages séparent le poste de travail du compte de résultat
La plupart des organisations mesurent le premier étage sous forme de licences attribuées, et le cinquième sous forme de résultat d'exploitation. Les trois du milieu restent vides, si bien qu'aucune décision ne peut être prise sur ce qui se perd entre les deux.
Adoption réelle
Usage hebdomadaire par tâche, pas nombre de licences activées. Une licence attribuée n'est pas un usage.
Gain unitaire net
Temps mesuré avant et après sur un panel, sur une tâche précise, déduction faite de la vérification et de la reprise.
Capacité libérée
Gain unitaire multiplié par le volume réel de la tâche sur la période.
Capacité convertie
Ce que l'organisation décide de faire de ces heures. C'est une décision de management, jamais un effet automatique de l'outil.
Effet sur le résultat
Chiffre d'affaires supplémentaire, coût externe évité, délai raccourci, qualité remontée.
Quatre destinations possibles pour la capacité libérée
Absorber plus de volume
Traiter davantage de dossiers, de demandes ou de commandes à effectif constant.
Éviter un recrutement
Couvrir une croissance d'activité sans ouvrir de poste, décision qui se constate au budget.
Réduire une dépense externe
Réinternaliser ce qui était sous-traité. C'est là que les retours documentés sont les plus nets.
Remonter la qualité ou le délai
Effet indirect mais réel sur la rétention client et sur les coûts de non-qualité.
Si aucune de ces quatre destinations n'est choisie explicitement, la capacité se dissipe et le retour sur investissement reste nul, quelle que soit la qualité de l'outil déployé.
Le gain que vous pouvez convertir est le gain net
Le temps déclaré gagné sur une tâche est un montant brut. Il faut en retrancher la vérification et la reprise, qui changent de porteur et n'apparaissent donc dans aucun tableau de bord. L'émetteur gagne du temps, le destinataire le perd, et seul le premier est mesuré.
des salariés ont reçu dans le mois un livrable généré par IA d'apparence soignée mais sans substance
de traitement en moyenne par incident
par salarié et par mois de charge invisible
jugent l'émetteur moins digne de confiance qu'avant
Source : BetterUp Labs et Stanford Social Media Lab, « AI-Generated Workslop Is Destroying Productivity », Harvard Business Review, septembre 2025. 1 150 salariés américains à temps plein.
La frontière des tâches se déplace, et rien ne signale qu'on la franchit
L'étude menée auprès de 758 consultants a mis en évidence une frontière irrégulière entre les tâches où l'IA améliore fortement la performance et celles où elle la dégrade. Sur la tâche située hors de cette frontière, les participants équipés ont produit 19 % de bonnes réponses en moins que le groupe travaillant sans IA. Cette tâche ne paraissait pas plus difficile que les autres, et le modèle y produisait une réponse plausible et fausse.
L'expérience datant d'avril 2023, un coauteur a précisé en mars 2026 que la frontière s'était déplacée de façon substantielle et que des tâches alors hors du périmètre pouvaient s'y trouver aujourd'hui, et inversement. Le contrôle et le recalcul de données chiffrées, la recherche de sources ou le traitement de corpus longs ont largement basculé du bon côté. Ce qui reste dehors relève d'une autre nature : une réponse plausible que rien ne permet de vérifier de l'intérieur, une information que l'organisation n'a jamais écrite, une décision qui engage et se contrôle ligne à ligne.
La qualité suit la vitesse sur les tâches de création, pas sur les tâches de décision
Le temps gagné ne dit rien de la valeur du livrable. Six travaux mesurent la qualité elle-même, avec des évaluateurs indépendants ou des indicateurs objectifs. Ils dessinent une ligne nette : quand l'IA produit et que l'humain choisit, la qualité monte. Quand l'IA recommande et que l'humain tranche, le binôme fait souvent moins bien que le meilleur des deux seuls.
Le binôme perd sur les tâches de décision (−0,27) et gagne sur les tâches de création (+0,19, intervalle incluant zéro). Il fait mieux que l'humain seul quand l'humain était déjà le plus fort, et moins bien que l'IA seule quand l'IA l'était.
Le gain monte à +10,7 % et +11,5 % chez les auteurs les moins créatifs. En contrepartie, les textes produits avec IA se ressemblent entre eux 9 à 11 % de plus : la diversité collective baisse pendant que la qualité individuelle monte.
Sur la prise en charge, le second essai mesure +6,5 % de qualité pour le binôme, avec deux minutes de plus par cas. Au diagnostic, le modèle seul faisait mieux que le binôme : les médecins ne suivaient pas ce que l'outil proposait.
Premier essai contrôlé sur un modèle de raisonnement. L'outil avec recherche documentaire produit 3 hallucinations sur 768 tâches, le groupe sans IA 4, le modèle de raisonnement seul 11.
La vitesse monte de 28,6 % en moyenne, avec un pic le premier mois, puis retombe à mesure que la dette technique s'accumule. Étude d'observation appariée, pas un essai randomisé.
La vitesse ne dégrade pas la qualité, elle ne la transforme pas non plus. Les escalades vers les superviseurs et l'attrition des agents baissent, ce que peu de reprises mentionnent.
Le même outil forme ou désapprend selon la façon dont il est introduit
Près d'un millier de lycéens, GPT-4, automne 2023, publication dans les PNAS en 2025 : l'accès libre à l'assistant fait monter les résultats de 48 % pendant les exercices et les fait baisser de 17 % à l'examen passé sans IA. La version tuteur, qui guide au lieu de donner la réponse, fait +127 % pendant les exercices et ne dégrade rien à l'examen.
Chez 52 développeurs (Anthropic, prépublication de janvier 2026, assistant bâti sur GPT-4o), ceux qui ont appris une bibliothèque avec l'assistant comprennent 50 % du code contre 67 % pour les autres, pour un gain de temps non significatif.
Ce que cela change dans un déploiement
La mesure de qualité se décide avant le pilote, avec un évaluateur qui ne sait pas quel livrable vient de l'IA. Sur les tâches de création, l'indicateur suit le gain de temps. Sur les tâches de décision, il faut un protocole : qui tranche, sur quelle base, et ce qui se passe quand l'outil et la personne ne sont pas d'accord.
Le garde-fou pédagogique compte autant que l'outil. Un assistant qui donne la réponse produit un gain immédiat et une perte de compétence différée. Un assistant qui fait travailler produit les deux gains. C'est une décision de conception, elle se prend au moment de la formation des équipes.
Sources : Vaccaro, Almaatouq et Malone, Nature Human Behaviour, 2024 ; Doshi et Hauser, Science Advances, 2024 ; Goh et al., JAMA Network Open, 2024 et Nature Medicine, 2025 ; Schwarcz et al., Journal of Law & Empirical Analysis, 2026 ; He et al., Carnegie Mellon, MSR 2026 ; Brynjolfsson, Li et Raymond, QJE, 2025 ; Bastani et al., PNAS, 2025 ; Shen et Tamkin, Anthropic, 2026.
Cinq questions à poser dans votre organisation
Elles suffisent à situer où votre chaîne de conversion se rompt. Dans la plupart des organisations, la réponse à la première est déjà non.
Mesure-t-on un avant ?
Sur chaque pilote en cours, existe-t-il un temps de référence relevé avant le déploiement. Sans lui, le retour est incalculable par construction, quelle que soit la qualité de l'outil.
Qui possède la capacité libérée ?
Les heures gagnées appartiennent-elles à quelqu'un, et cette personne a-t-elle un objectif sur ce qu'elle en fait. Sans propriétaire, la capacité se dissipe.
Quels processus avons-nous redécoupés ?
Combien de processus ont été repensés de bout en bout, par opposition à ceux qu'on a simplement outillés. C'est le facteur le plus corrélé à un effet mesurable sur le résultat.
Que coûtent la vérification et la reprise ?
Qui porte ce coût aujourd'hui, et apparaît-il quelque part dans nos calculs. Il change de porteur, donc il ne remonte dans aucun tableau de bord.
Nos budgets vont-ils où c'est mesurable ou où c'est rentable ?
Quelle part de la dépense IA vise une réduction de dépense externe, par opposition aux fonctions où l'attribution est simplement plus facile.
L'argent va où l'attribution est facile. Le retour est ailleurs.
Ce qui capte les budgets
Les fonctions commerciales et marketing concentrent une part majoritaire des budgets d'IA générative déclarés. L'attribution y est simple, avec des indicateurs qui remontent bien en comité : volume de démonstrations, délai de réponse, taux de transformation.
Gains constatés dans le rapport : qualification des prospects 40 % plus rapide, rétention en hausse de 10 %.
Ce qui produit les économies
- Sous-traitance de back-office remplacée : 2 à 10 millions de dollars par an
- Dépenses d'agences externes réduites de 30 %
- Contrôles de risque réinternalisés : un million de dollars par an
Le rapport précise que ces gains sont venus de la réduction de dépenses externes, sans réduction d'effectifs internes.
Source : MIT NANDA, The GenAI Divide, juillet 2025, section consacrée aux organisations ayant obtenu un retour mesuré.
Pendant qu'on débat du retour, l'écart se creuse
Enquête SAFE de la Banque centrale européenne, quatrième trimestre 2025, 4 968 entreprises de douze pays de la zone euro dont 625 françaises.
des entreprises françaises déclarent un usage modéré ou important de l'IA
en zone euro. Allemagne 46 %, Espagne 44 %, Italie 27 %
grandes entreprises françaises contre grandes entreprises de la zone euro
part de l'investissement IA dans l'investissement total prévu
L'écart ne s'explique ni par la taille des entreprises ni par la composition sectorielle : la France est en retard dans chaque catégorie de taille et dans chacun des quatre grands secteurs. Le frein déclaré est spécifique, les entreprises françaises citant moins souvent le manque de compétences et plus souvent les préoccupations relatives aux données, à la vie privée et à l'éthique.
Sur l'emploi, la donnée contredit l'intuition. Dans l'industrie manufacturière et les services, les entreprises utilisant le plus intensivement l'IA affichent des anticipations de croissance de l'emploi plus élevées. Les auteurs précisent que ces résultats sont descriptifs et non causaux. Du côté français, l'Insee mesure par ailleurs 18 % d'entreprises de dix salariés ou plus utilisatrices d'au moins une technologie d'IA en 2025, contre 10 % en 2024, pour une moyenne européenne de 20 %.
De 15 à 40 % par tâche à 1 % pour un pays : la chaîne de conversion vue de loin
Les essais contrôlés mesurent une tâche, chez des personnes qui utilisent l'outil, pendant qu'elles l'utilisent. Les données de registres, les grands panels d'entreprises et les enquêtes de dirigeants mesurent ce qui reste une fois l'adoption partielle, la part des heures concernées et la conversion prises en compte. Le chiffre perd un ordre de grandeur à chaque changement d'échelle, ce qui est exactement ce que prédit la chaîne à cinq étages.
Effet nul sur les salaires et les heures deux ans après ChatGPT, avec des bornes qui excluent tout effet supérieur à 2 %. L'encouragement de l'employeur fait passer l'adoption de 47 % à 83 %, et à 93 % quand il s'accompagne d'un outil d'entreprise et d'une formation.
Gain de productivité agrégé estimé à 1,1 %, porté à 1,3 % fin 2025. Les auteurs précisent que ce calcul suppose tout le temps gagné converti en production plutôt qu'en repos.
L'IA y est définie au sens large, analyse de données massives comprise. Le gain vient de l'intensification du capital et se concentre sur les moyennes et grandes entreprises. Les auteurs jugent les effets de long terme incertains.
Aucune différence de productivité statistiquement significative entre utilisateurs et non-utilisateurs, hors secteurs technologiques. Aucun signe de réduction d'effectifs. Résultats descriptifs, non causaux.
69 % des entreprises utilisent pourtant l'IA et les dirigeants y passent 1,5 heure par semaine. Pour les trois prochaines années, ils anticipent +1,4 % de productivité et −0,7 % d'effectifs. Déclaratif.
Les auteurs britanniques écrivent qu'il n'a pas été possible d'identifier à quoi le temps gagné a servi. En Australie, un tiers d'usage quotidien, des gains de qualité plus modestes que les gains de temps, et 61 % des managers incapables de reconnaître une production de l'outil.
Les travaux danois et américains reposent sur des gains de temps déclarés par les travailleurs, les effets sur salaires et heures sur des registres administratifs. L'étude BRI-BEI porte sur l'IA au sens large. Les enquêtes de dirigeants et d'administrations sont déclaratives. Aucune de ces sources ne contredit les essais contrôlés : elles mesurent ce qui en reste après conversion.
Passer du constat à la mesure
Calculateur de ROI IA
Chiffrer les cinq étages sur un de vos usages et voir à quel étage la valeur se perd.
En savoir plusDiagnostic IA
Identifier les usages qui méritent d'être mesurés et ceux qui ne le méritent pas.
En savoir plusAudit IA
État des lieux de vos usages, de vos outils et de ce qui se perd entre les deux.
En savoir plusStratégie IA d'entreprise : le guide
Six composantes, cinq étapes, les chiffres à connaître et les erreurs qui coûtent, pour construire la vôtre.
En savoir plusConseil stratégie IA
Cadrer une trajectoire et arbitrer les investissements par leur convertibilité.
En savoir plusMéthode projet IA
Comment un projet se cadre, se pilote et se mesure du premier jour à la mise à l'échelle.
En savoir plusFormation IA en entreprise
Installer les usages là où le gain unitaire est réel, et la vérification là où elle est nécessaire.
En savoir plusPrix d'un projet IA
Fourchettes indicatives par livrable et modèles de facturation.
En savoir plusTrois missions où le gain s'écrit comme une cible avant de se mesurer
- Une PME de trois personnes dans le photovoltaïque. Les objectifs à trois mois ont été posés avant la formation d'octobre 2026 : des devis plus rapides, moins d'échanges avec les transporteurs, des relances qui partent seules. Le premier bilan chiffré viendra quatre-vingt-dix jours après la décision. Lire le cas
- Un distributeur informatique de 58 salariés. La relance des devis a été validée sur de vrais dossiers avant que les dix référents ne soient formés, en juin 2026. L'objectif d'une équipe qui travaille comme si elle comptait soixante-dix personnes reste une cible, à vérifier quand le reste des équipes aura suivi, d'octobre à décembre 2026. Lire le cas
- Un groupe industriel international. Chaque session pilote a été mesurée à chaud, puis corrigée pour la suivante ; deux mois plus tard, des managers racontent l'usage qu'ils en ont gardé, dont la préparation d'un retour sur investissement pour un outil RH. Lire le cas
Ce qu'on nous demande le plus souvent
Cette page est tenue par Mathias Nizan, fondateur de Masteria. Il y range les études qui mesurent un gain, avec le modèle testé et la période de collecte, et retire celles qui ne tiennent plus.
Chaque chiffre de cette page a été vérifié sur sa source primaire
Nous affichons l'échantillon et la période de mesure, pas seulement la date de parution. Les chiffres retenus sont ceux des versions publiées, qui diffèrent parfois des prépublications reprises dans la presse. Masteria, cabinet spécialisé en intelligence artificielle fondé à Lyon en 2022 par Mathias Nizan, est indépendante des éditeurs. Nos études de cas et notre revue de presse montrent ce travail en situation.
Sources et références officielles
Pour vérifier nos engagements (certification qualité, financement) et approfondir l'outil concerné :
- Qualiopi, Ministère du Travail : la certification qualité qui rend nos formations finançables.
- Les OPCO, Ministère du Travail : le fonctionnement du financement de la formation par votre opérateur de compétences.
- MIT NANDA — The GenAI Divide: State of AI in Business 2025
- McKinsey — The State of AI, Global Survey
- Brynjolfsson, Li & Raymond — Generative AI at Work, Quarterly Journal of Economics
- Noy & Zhang — Experimental evidence on the productivity effects of generative AI, Science
- Dell'Acqua et al. — Navigating the Jagged Technological Frontier, Organization Science
- Cui et al. — The Effects of Generative AI on High-Skilled Work, Management Science
- Brynjolfsson, Rock & Syverson — The Productivity J-Curve, NBER Working Paper 25148
- METR — Measuring the Impact of Early-2025 AI on Experienced Open-Source Developer Productivity
- Banque de France — Entreprises françaises : existe-t-il un écart d'adoption de l'IA ?
- Insee — Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025
- Dillon, Jaffe, Immorlica & Stanton — Shifting Work Patterns with Generative AI, NBER Working Paper 33795
- Dell'Acqua et al. — The Cybernetic Teammate, NBER Working Paper 33641 / Organization Science
- Gambacorta, Qiu, Shan & Rees — Generative AI and labour productivity: a field experiment on coding, BIS Working Paper 1208
- Paradis et al. (Google) — How much does AI impact development speed? An enterprise-based randomized controlled trial
- Vaccaro, Almaatouq & Malone — When combinations of humans and AI are useful, Nature Human Behaviour
- Doshi & Hauser — Generative AI enhances individual creativity but reduces the collective diversity of novel content, Science Advances
- Goh et al. — Large Language Model Influence on Diagnostic Reasoning, JAMA Network Open
- Goh et al. — GPT-4 assistance for improvement of physician performance on patient care tasks, Nature Medicine
- Schwarcz et al. — AI-Powered Lawyering, Journal of Law & Empirical Analysis
- He, Miller, Agarwal, Kästner & Vasilescu — Does AI-Assisted Coding Deliver? A Difference-in-Differences Study of Cursor's Impact
- Bastani et al. — Generative AI without guardrails can harm learning, PNAS
- Shen & Tamkin (Anthropic) — How AI Impacts Skill Formation
- MIT Economics — Assuring an accurate research record (16 mai 2025)
- Humlum & Vestergaard — Still Waters, Rapid Currents: Early Labor Market Transformation under Generative AI, NBER Working Paper 33777
- Bick, Blandin & Deming — The Rapid Adoption of Generative AI, NBER Working Paper 32966
- Fed de Saint-Louis — The State of Generative AI Adoption in 2025
- Aldasoro et al. — AI adoption, productivity and employment: evidence from European firms, BIS Working Paper 1325
- BCE — Adoption and investment in AI across the euro area, Occasional Paper 395
- Yotzov et al. — Firm Data on AI, NBER Working Paper 34836
- Acemoglu — The Simple Macroeconomics of AI, NBER Working Paper 32487
- OCDE — Miracle or Myth? Assessing the macroeconomic productivity gains from Artificial Intelligence
- Government Digital Service — Microsoft 365 Copilot Experiment: Cross-Government Findings Report
- Digital Transformation Agency (Australie) — Evaluation of the whole-of-government trial of Microsoft 365 Copilot
- Eurostat — 20% of EU enterprises use AI technologies (décembre 2025)
