Howard Marks, coprésident d'Oaktree Capital, dit cette semaine que les ratés récents de l'IA ont entamé le sentiment d'infaillibilité du secteur. Le même jour, l'action de Kioxia décroche, le patron de Foxconn tente de rassurer sur 2027 et Bloomberg se demande où se réfugier si la bulle venait à se dégonfler. Le récit dominant du jour tient en un mot : doute.
Deux chiffres, publiés le même jour, racontent une autre histoire. ChatGPT franchit le milliard d'utilisateurs par semaine, un peu plus d'un humain sur huit, moins de quatre ans après sa sortie. En Chine, pour la première fois, les modèles produisent plus de données en service qu'ils n'en ont consommé pour s'entraîner.
L'IA est entrée dans le travail quotidien, et aucune séance de Bourse ne l'en fera sortir.
Nous observons que deux questions sont confondues sous le même mot. La première porte sur la valorisation : les centaines de milliards engagés dans les puces et les centres de calcul seront-ils rentables ? Le marché a raison d'en douter.
La seconde porte sur l'usage : l'IA sert-elle déjà, tous les jours, dans les organisations ? La réponse est oui. Une correction ferait chuter Nvidia, pas la compétence de vos équipes à rédiger, trier, coder ou analyser avec ces outils.
Pour une organisation française, la leçon est pratique. Une formation ne se déprécie pas quand une action chute ; elle coûte une fraction d'un budget d'infrastructure et reste acquise quel que soit le sort de la bulle. Les entreprises qui profiteront d'un éventuel refroidissement pour former leurs gens en sortiront avec un actif que le marché ne peut pas corriger.
Celles qui attendront la fin de l'incertitude paieront les mêmes licences, sans les compétences pour les rentabiliser.
La bulle, si elle existe, finira par trouver son prix. L'IA au travail a déjà le sien : un milliard de personnes ouvrent ChatGPT chaque semaine. Formez d'abord, le marché tranchera ensuite.